Un Airbus A310-300 de la compagnie Yemenia Airways, qui devait relier Sanaa (Yémen) aux Comores, s'est abîmé, mardi 30 juin, alors qu'il s'apprêtait à atterrir, avec 153 personnes à bord. C'est le deuxième accident impliquant un Airbus en moins d'un mois après le drame du vol AF 447 Rio-Paris, qui a fait 228 morts le 1er juin.
Yemenia déplore de "fausses informations". Très critiquée, Yemenia a réagi mercredi en affirmant "appliquer une sévère politique pour que ses avions
soient pleinement opérationnels, en leur assurant une maintenance régulière conformément aux normes internationales appliquées par les grandes compagnies aériennes". La compagnie yéménite a
déploré de "fausses informations et spéculations sur des problèmes techniques" dans l'avion qui s'est abîmé en mer, affirmant que "la s
écurité de ses passagers est la première priorité sur ses vols".
Des "défauts" ? Dans un premier temps, le secrétaire d'Etat français aux Transports, Dominique Bussereau, avait indiqué mardi que Yemenia était "très
surveillée" par les autorités françaises. "L'A310 en cause avait été contrôlé en 2007 par la DGAC [Direction générale de l'aviation civile, ndlr] en France et on avait constaté un certain
nombre de défauts", avait-il expliqué. "L'appareil depuis n'était pas réapparu dans notre pays". Le secrétaire d'Etat étaitallé ensuite beaucoup plus loin en déclarant à l'Assemblée nationale
que l'Airbus A310-300 de la Yemenia avait été "exclu du sol national" pour "irrégularités" il y a quelques années. "Est-ce qu'on peut emmener dans des conditions normales des passagers à partir
du territoire français et ensuite les mettre dans un avion qui n'assurerait pas la sécurité?", s'était-il interrogé. "Le gouvernement français va s'engager pour [...] faire en sorte que de
telles situations ne se produisent plus". Airbus avait de son côté réagi en précisant que l'appareil avait été fabriqué en 1990 et était exploité par Yemenia depuis octobre 1999, avec
approximativement 51.900 heures de vol réalisés au cours de 17.300 trajets.
Une boîte noire retrouvée. Selon le secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet, une des boîtes noires a été retrouvée mardi dans l'après-midi. Par ailleurs, afin de
déterminer les causes de l'accident, une équipe technique yéménite a été dépêchée à Moroni, de même qu'une équipe d'enquêteurs du BEA, l'organisme public français chargé des enquêtes techniques
des accidents d'avions. La France a aussi mobilisé deux bâtiments de la Marine nationale (un patrouilleur maritime, La Rieuse, et la frégate de surveillance Nivôse) et un Transall. Le parquet
de Bobigny (Seine-Saint-Denis) est saisi de l'enquête de flagrance.
Une adolescente a survécu. Alors que l'Aviation civile du Yémen avait annoncé dans un premier temps avoir retrouvé un survivant, un garçon de cinq ans,
on a finalement appris que le seul rescapé du crash était une adolescente de 14 ans. Originaire de Marseille et en transit depuis Roissy, elle a été hospitalisée mardi à l'hôpital de Moroni, la
capitale comorienne, dans un état qui n'est "pas inquiétant". L'un des sauveteurs, interrogé par Europe 1, a décrit comment il avait aperçu la jeune fille, nageant dans une mer mauvaise au
milieu des corps et des débris de l'avion: "On a essayé de jeter la bouée, elle n'a pas pu prendre la bouée, j'ai dû sauter pour la récupérer. Elle tremble, elle tremble. On lui a mis quatre
draps, on lui a donné de l'eau chaude et sucrée, on lui a simplement demandé le nom, le village. On va l'emmener à l'hôpital d'urgence".
Des passagers en transit. L'Airbus s'est abîmé en mer près des Comores, à environ 8 milles nautiques (15 km) des côtes. L'aviation civile a pour l'instant fait état de conditions météorologiques "mauvaises", avec des vents soufflant à une vitesse de 61 nœuds, et une mer agitée. Le vol était parti lundi à 21h45 (18h45 GMT) et a été perdu mardi à 01h51 (22h51 GMT lundi). Il comptait 142 passagers (dont 3 nourrissons) et 11 membres d'équipage à bord, dont 66 Français et des Comoriens. La plupart des passagers étaient en transit à Sanaa: 52 venaient de Paris, 59 de Marseille, 11 du Caire, 12 de Dubaï (Emirats arabes unis), 3 de Djeddah (Arabie saoudite), 1 d'Amman et 1 de Damas.